Déclaration de Gérard Renouard, Président de l'AFDI, Producteur de lait en Meurthe-et-Moselle

Lancé à Seattle en tenant à l’écart les ONG de la société civile représentatives des
populations pauvres (puis géographiquement privées d’expression à Doha), le cycle
de la négociation internationale sur le commerce a finalement ajouté au débat
traditionnel sur « agriculture/industrie/services », le délicat problème du
développement. Qu’en est-il aujourd’hui ?
Au fil du débat, cette préoccupation semble reléguée aux oubliettes. La pensée
unique qui renforce l’idée d’un ultra libéralisme source de bonheur pour tous grâce à
des échanges sans bornes, oublie qu’une grande partie de l’humanité ne joue pas
dans la même cour que les autres !
L’obsession à trouver les moyens de faire baisser les prix des matières premières
alimentaires prive les paysans d’un revenu décent, fruit de leur travail, et des
nombreux investissements liés à l’acte de production.
Mettre en concurrence sans protection aux frontières, des productions de toute
nature et ceci sans prendre en compte les écarts de productivité, revient à
condamner à l’exode tous ceux à qui on ne donne pas le temps et les atouts du
développement.
Pourquoi ne pas faire de l’OMC un lieu qui, en élargissant sa compétence
« commerce » à une vraie volonté d’organiser les marchés entre les espaces
régionaux du monde, redonne du sens à la mondialisation ? Il s’agit de créer des
zones homogènes au plan de leur niveau de vie, de leur agriculture, de leurs
performances économiques et de leur capacité de répondre aux critères du
développement durable.
Ainsi le cycle de Doha dit « cycle de développement » conforterait l’espoir né dans
les campagnes depuis que l’agriculture est à nouveau au coeur des préoccupations
de notre civilisation.
Contact :
Gérard RENOUARD : 06.80.36.77.18
AFDI : Agriculteurs Français et Développement International
Les organisations fondatrices sont : la FNSEA, l’APCA, les Jeunes Agriculteurs et la CNMCCA