Bilan de santé de la PAC : vers le rendez-vous manqué ?

Au moment où se déroule dans un contexte plus que morose le Sommet de l'élevage de Clermont-Ferrand, l’impression est celle d’un rendez-vous manqué de la Commission européenne avec les grands enjeux agricoles de demain. Une posture dont ne peut se satisfaire le gouvernement français.

 

Démantèlement des outils de régulation des marchés sans alternative ni filet de sécurité pour les agriculteurs, refus total d’amorcer une flexibilité des aides qui répondrait aux aléas économiques, moyens insuffisants pour soutenir les productions animales, gestion superficielle des risques et des crises, ignorance des « actifs » dans les modalités d’application…Que propose la Commission européenne aux éleveurs en difficulté, aux  jeunes en cours d’installation et sans trésorerie, et aux citoyens européens attachés à leur sécurité alimentaire ? Un ersatz de PAC, alors que des propositions concrètes sont avancées depuis longtemps par Jeunes Agriculteurs.

 

Risques et crises, orientation des aides : des solutions inadaptées

 

En ce qui concerne le redéploiement des aides, les solutions s’annoncent partielles pour l’élevage. Elles ne concernent pas tous les éleveurs touchés par la hausse des charges (filières hors sol, naisseurs-engraisseurs, etc.) et sont loin de répondre à la volatilité des prix que subissent tous les agriculteurs : éleveurs, céréaliers…

 

A propos de la gestion des risques et des crises, les seules avancées proposées par la Commission européenne restent superficielles et inadaptées aux problématiques des jeunes agriculteurs. Plus grave : elles sont loin de couvrir tous les risques auxquels sont confrontés les agriculteurs, comme les pertes des marchés liées à la FCO par exemple. Côté français, la seule piste envisagée est le renforcement de la Déduction Pour Aléas (DPA), un outil peu utile aux jeunes agriculteurs qui n’ont pas la capacité d’épargner en début de carrière. De plus, le budget français n’est pas prêt à mettre plus de crédits pour apporter sa contribution au fond européen de mutualisation sanitaire. 

 

Concernant la place des « actifs » dans le bilan de santé de la PAC, rien n’est envisagé malgré nos demandes répétées : prendre en compte les hectares, c’est bien, les femmes et les hommes qui les cultivent, c’est mieux !

 

OUI à une PAC intelligente et réactive impliquant chaque filière

 

« Seule une activité agricole rémunératrice maintiendra des agriculteurs sur tout le territoire, plutôt que des compensations qui n’ont aucun lien avec la production.» commente William Villeneuve, président de Jeunes Agriculteurs : « Les discussions actuelles autour du bilan de santé ne vont pas dans la bonne direction et laissent présager la mise en place d’une PAC « à la carte » au gré des Etats membres. L’exemple du Farm Bill aux Etats-Unis le prouve : il est urgent de proposer une politique agricole intelligente, c’est-à-dire réactive où « la préférence communautaire », « les outils de régulation des marchés agricoles » et les « filets de sécurité pour sécuriser le revenu des producteurs  » ne soient pas des gros mots aux oreilles de nos dirigeants politiques ! »

 

 

Pour assurer la pérennité des filières et maintenir l’élevage en Europe, le bilan de santé de la PAC doit  s’accompagner à court terme d’un réel effort pour améliorer la trésorerie des éleveurs, d’une vraie stratégie de solidarité entre productions (relance de la production des protéines végétales en Europe, contractualisation entre filières céréalières et d’élevage) et d’une flexibilité des aides dans l’intérêt de tous. Enfin, une véritable réflexion doit être engagée dès aujourd’hui pour multiplier les débouchés.

 

 

 

A propos de Jeunes Agriculteurs :

Fondé en 1957, Jeunes Agriculteurs est le seul syndicat professionnel composé exclusivement de jeunes âgés de moins de 35 ans (50 000 adhérents répartis en structures de réflexion et de décision décentralisées). Animé par un esprit de solidarité et de convivialité, JA a pour objectifs de défendre les intérêts des jeunes agriculteurs et de favoriser l’accès au métier d’agriculteur pour assurer le renouvellement des générations en agriculture.

 

Contact presse :

 

Marie-Laure Hustache

mhustache@jeunes-agriculteurs.fr

01 42 65 86 16 - 06 69 25 04 42