
Après 7 mois de travail, de réunions et de palabres, la profession agricole criant presque victoire. Elle avait réussi, avec le concours de l'Agence des Espaces Verts, à installer 3 agriculteurs sur 140 ha à Flins-sur-Seine et aux Mureaux (78), dans une région, l'Ile de France, où le foncier se fait si rare. Après une étude agronomique de sols et une étude de faisabilité technico-économique, le comité technique de la SAFER, organisme chargé de l'aménagement et du développement de l'espace rural, avant tranché mi-octobre et désigné 1 céréalier et 2 maraîchers pour rependre la ferme de la Haye. Les 3 agriculteurs avaient commencé à cultiver les terres… et les voilà menacés de devoir mettre la clé sous la porte à cause d'un projet de Formule 1.
Voilà maintenant un peu plus d'un an, le gouvernement organisait le Grenelle de l'Environnement, criait haut et fort l'importance de prendre des mesures agroenvironnementales et concluait, notamment, qu'il fallait favoriser le développement de l'agriculture bio. Depuis, de nombreux reportages nous montrent l'engouement des consommateurs pour les produits bio et le manque de production française pour accès au foncier. Les groupements d'agriculture biologique et les Chambres d'Agriculture sont fortement mis à contribution pour trouver des solutions. Et pourtant, dans les faits, les efforts de ces structures sont réduits à néant par les différents plans d'urbanisation.
A l'origine de la colère de la profession agricole : la préemption des terres de Flins et des Mureaux par l’Etablissement Public Foncier des Yvelines (EPFY) le 08/12. Cette préemption a été rendue possible par la signature préalable (le 21/10) de deux arrêtés préfectoraux plaçant l’actuelle Ferme de la Haye en zone d'aménagement différé (ZAD). Ces arrêtés passent outre le schéma directeur de la région Ile de France (le SDRIF destiné à préserver les terres agricoles), passent outre la décision de la SAFER et passent outre le fait que ces terres sont normalement non constructibles et réservées à un usage agricole. Et ceci, pour quoi faire ? Pour construire un circuit de Formule 1 en vue d'accueillir le prochain Grand Prix de France. En effet, Pierre BEDIER, Président du Conseil Général des Yvelines, et François FILLON, Premier Ministre, préfèrent soutenir ce projet à l’installation d’agriculteurs bio. Petit détail qui a son importance : le terrain se situe en bordure de Seine et sur le 2ème plus grand captage d’eau potable des Yvelines dédié à l’alimentation en eau potable de 400 000 franciliens. La protection de l’eau devrait donc y être un enjeu prioritaire, non seulement pour des raisons écologiques mais également économiques car il est impensable de créer une nouvelle usine d’eau potable de la même ampleur (avec une production de 30 millions de m3 d’eau par an). Mais le Conseil Général botte en touche et explique que les agriculteurs se verront "proposer une réimplantation équivalente dans les Yvelines". Pas de quoi rassurer les futurs agriculteurs qui cherchent un terrain en Ile de France pour y installer leur exploitation.
La Chambre Interdépartementale d'Agriculture d'Ile de France, la Fédération des Syndicats d'Exploitants Agricoles d'Ile de France, les Jeunes Agriculteurs d'Ile de France et le Groupement des Agriculteurs Biologiques d'Ile de France (GAB IdF), interpellent donc Jean-Louis BORLOO, Ministre de l'Environnement, face à cette incohérence entre les belles annonces et les décisions sur le terrain. Les deux arrêtés préfectoraux sont-ils réglementairement fondés ? La Profession souhaite une prise de position claire du Conseil Régional sur ce dossier qui vient, par ailleurs, de publier un rapport intitulé "l'Agriculture biologique, une contribution à l'Ecorégion"…
Contact presse : Angélique Piteau, GAB IDF, 06.86.64.21.11, communication @bioiledefrance.fr
Cécile de VILLARTAY, CAIF, 01.39.23.42.14
Anne-Laure PICARD, FSEAIF, 01 39 54 05 55
Auriane BOURASSEAU, JAIDF, 01.39.54.26.17