
Les mesures annoncées par Michel Barnier au CSO le 23 février dernier dans le cadre du bilan de santé de la PAC aboutissent à un saupoudrage, et ne donnent pas clairement les directions. Des incohérences inacceptables subsistent et menacent l’avenir de la profession, tous secteurs confondus.
Certes, la mise en œuvre du bilan de santé de la politique agricole commune proposée par Michel Barnier a le mérite d’éviter un écueil : celui de l’aide unique à l’hectare, qui serait fatale à l’installation des jeunes.
Pour autant, alors que s’est réuni hier un nouveau groupe de travail sur la PAC au Ministère de l’Agriculture et de la Pêche, subsistent trois points qui n’ont toujours pas été réglés, menaçant à long terme le maintien de l’activité agricole sur nos territoires :
- La contractualisation entre grandes cultures et élevage doit demeurer un préalable pour stabiliser l’avenir des producteurs. «Au nom de l’interdépendance entre les filières, le gouvernement doit nous donner des moyens !» souligne William Villeneuve, président de Jeunes Agriculteurs.
- Les aides doivent être systématiquement majorées pour les premiers hectares ou les premiers animaux pour que l’agrandissement ne soit pas la seule échappatoire possible.
- Une vraie politique de soutien aux protéines végétales, bien plus ambitieuse doit être mise en œuvre, alors que seuls 40 millions d’euros sont prévus.
«La perspective d’une PAC « réactive et intelligente » tant attendue par la profession semble s’éloigner. » déplore William Villeneuve.
« L’enveloppe de 162,6 millions d’euros dispersée sur des filières spécifiques (répartie ainsi : maintien bio : 50 millions, légumes et pommes de terres : 30 millions, fourrages : 30 millions, veaux sous la mère : 4, 6 millions, blé dur : 8 millions, ainsi qu’un soutien au lait de montagne de 40 millions d’euro nécessaire mais plus pertinent dans le deuxième pilier) n’est qu’un artifice médiatique ! » commente William Villeneuve.
Selon le Président de Jeunes Agriculteurs : « La dimension économique du bilan de santé de la PAC est aujourd’hui absente, tant les mesures s’inscrivent sur le court terme sans prendre réellement en compte par exemple la volatilité des marchés. »
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